un métier comme un rêve

Quitte ou double

 

 

Une heure que nous venons de quitter le rivage et pourtant nous marchons toujours dans l’eau en  essayant de ne pas remplir nos cuissardes. Le Delta du Guadalquivir nous accueille  avec des trombes d’eau.  Le grand Christophe, chercheur à la réserve de la Donana, tire le canot et la demi-tonne de matériel, celui nécessaire à notre tournage et celui des ornithologues, canons et sacs de poudres, filets et catapultes pour capturer les oies cendrées. Puis le fond remonte et le canot ne flotte plus. 2 heures à le tirer, le faire glisser sur le sable et la vase...

A minuit nous arrivons sur une île désertique, un banc de sable sous la pluie, pas de dîner, quelques bâtons d’Ovomaltine. après 6 heures de marche dans l’eau. Une baraque en dur mais sans toit nous accueille pour la nuit. L’affût idéal. Il faut préparer le plan d’action pour demain, placer les caméras pour voir sans être vu et les micros pour  le meilleur son. 

Christophe installe son piège, place les filets, agraine avec un peu de mais et de pain. Les canons sont remplis de poudre, un fil est déroulé jusqu’à notre cache puis branché au système de mise à feu. ‘’En plus, c’est la première fois que j’utilise les filets-canons’’ nous apprend-il. On est donc sûr de rien, ni de l’endroit, ni de la technique de capture.  La nuit est courte. Des rapaces nocturnes volent au dessus de nous...

 

Debout là d’dans! Il est 5 heures, le jour se lève dans une heure. On essaie de fignoler mais il ne s’agit plus de se montrer dehors. Déjà des oiseaux se manifestent,  des ombres de  canards et d’oies.

Le cirque dure une heures trente. Le soleil  se sépare de l’horizon. Des oies souvent s’approcheront des filets mais jamais dans de bonnes conditions. La tension monte. Sommes-nous venus jusqu’ici pour rien? 

Une douzaine d’oies viennent en marchant en parfaite file indienne. Le coup part, une formidable explosion. Le filet saute en l’air et retombe sur la troupe d’oiseaux affolés. Les ornithologues sortent en courant.  Séquence de capture parfaitement réussie (on peut toujours faire mieux), le baguage se fait dans une humeur radieuse et tout le monde se félicite. Et cela se ressentira très bien dans le film. Tant Mieux!

Les oiseaux sont relâchés.

Titre de la page